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Jeune SARL, l’entreprise DIMINI CRICKET a commancée la vente d’insectes comestibles bio.

Ce clin d’œil sympathique à cette date si particulière du calendrier n’altère en aucune façon le sérieux et le bien-fondé de cette aventure professionnelle plutôt insolite. Elle a le don d’unir deux profils d’entrepreneurs aux parcours très différents. L’un, Dimitri DAGAULT, était programmateur informatique chez HERMES METAL. L’autre, Nicolas LESUR, officiait en qualité d’infirmier au sein de l’univers médical catégorie psychiatrie. Tous deux rêvaient de ce projet d’élevage et de production d’insectes comestibles depuis bientôt deux ans. Leur désir vient enfin de se concrétiser il y a quelques semaines…

« Ensemble, nous souhaitions fonder une entreprise référencée sur un secteur innovant, précisent-ils d’une même voix et enthousiasme, avec un réel potentiel de développement. En y ajoutant quelques caractéristiques qui nous parlent comme l’écologie, l’environnement et…l’alimentaire ».

Peu d’investissements furent engagés pour mener à terme cette immersion réussie dans l’entrepreneuriat. Tout au plus l’achat de la matière première auprès d’un commerce de proximité local, soit une centaine de grillons domestiques, de criquets migrateurs et de vers de farine qui ont depuis proliféré au centuple (voire beaucoup plus !) dans les nombreux bacs servant à leur conservation !

Les deux comparses de 37 et 32 ans revendiquent aujourd’hui leur positionnement légitime sur le secteur de l’agroalimentaire. Différents débouchés se présentent à eux au plan économique : la vente de leurs produits auprès des animaleries dans un rayon de 300 kilomètres, la distribution de farine d’insectes vers l’élevage (volailles, poissons…) et l’initiation des consommateurs curieux aux qualités protéiniques de leurs produits.

L’entomoculture à l’état embryonnaire en France…

Sur ce dernier aspect, il n’existe aucune spécificité en matière de législation en France sur les contours précis de ce marché encore à l’état embryonnaire. A la différence de nombreux pays européens dont la Belgique qui se situe nettement en avance par rapport à nous. Le royaume a promulgué le 19 décembre 2013 un texte de loi autorisant la commercialisation d’une dizaine d’espèces d’insectes à des fins alimentaires. Un paradoxe alors que l’entomoculture en est à ses balbutiements dans notre pays.

Tout au plus, existe-t-il de très rares sociétés à l’identique de DIMINI CRICKET qui explorent ce filon peut-être très prometteur et lucratif au niveau des affaires d’ici quelques années. Mais, cet état de fait n’inquiète nullement nos deux explorateurs de l’agroalimentaire de demain ! Suivie par des laboratoires vétérinaires régionaux, leur production commence à s’écouler vers un public en soif de curiosité lors de démonstrations publiques.

DimiNi-CrickeT a également pour vocation de s'inscrire dans une dynamique de consommation éco-responsable, en ce qui concerne l'alimentation humaine.

DimiNi-CrickeT a également pour vocation de s’inscrire dans une dynamique de consommation éco-responsable, en ce qui concerne l’alimentation humaine.

Se concentrant sur la partie élevage de leur activité, Dimitri et Nicolas proposeront dès le mois de mai une production en petite série de grillons déshydratés propres à la consommation. Transformés en farine très riche en protéines, ces insectes pourront être intégrer parmi les plats traditionnels à l’exemple de la pâtisserie ou servir à la conception de gougères, une spécialité bourguignonne chère aux amateurs d’apéritifs !

De la pâte feuilletée à base d’insectes…

Une autre initiative est tout aussi astucieuse. Elle émane d’un traiteur de Merry le Sec. Interpellé par l’apport culinaire de ces ingrédients originaux, Denis PATRICOT s’est rapproché des deux cogérants de DIMINI CRICKET afin d’élaborer des produits finis. L’artisan icaunais a conçu des confiseries au chocolat à base de farine d’insectes ainsi que de la pâte feuilletée ! Naturellement, les deux jeunes entrepreneurs savent qu’il leur faudra user de beaucoup de pédagogie pour convaincre les plus réfractaires à ce type de produits. Néanmoins, ils n’en démordent pas : l’entomophagie représente une source croissante pour l’avenir de la nutrition en Europe. Côté chiffre d’affaires, ils tablent sur un prévisionnel de 120 000 euros à trois ans dont une large partie serait imputable à l’approvisionnement des animaleries et la nourriture de certaines espèces telles que les reptiles.

Enfin, un projet d’extension du local sis à Appoigny est d’ores et déjà envisagé. Les travaux ont débuté au printemps pour un coût de 10 000 euros. Cela porterait à 200 mètres carrés cet univers professionnel servant à l’élevage et au stockage des insectes dans des conditions optimales et tempérées (27 °).